Bouillie bordelaise sur tomate : quand traiter, à quelle dose et à quelle fréquence

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Quand la saison des tomates approche, beaucoup de jardiniers sentent revenir la mĂȘme crainte : voir le mildiou grignoter le feuillage en quelques jours et ruiner la rĂ©colte. La bouillie bordelaise, ce vieux traitement bleu venu des vignes du Bordelais, reste l’un des meilleurs alliĂ©s pour protĂ©ger le potager, Ă  condition de bien savoir quand l’utiliser, Ă  quelle dose et avec quelle frĂ©quence de traitement. Entre les pluies d’orage, les Ă©pisodes de chaleur et les pĂ©riodes humides de fin d’étĂ©, il suffit parfois d’un mauvais timing ou d’un surdosage pour fragiliser les plants au lieu de les aider.

Dans de nombreux jardins familiaux, comme celui d’une famille imaginaire installĂ©e en lisiĂšre de village, le scĂ©nario est toujours le mĂȘme : de beaux plants de tomate prometteurs dĂ©but juillet, quelques feuilles tachĂ©es aprĂšs un Ă©pisode pluvieux, puis la panique. Faut-il traiter tout de suite ? Mettre la dose maximale ? Recommencer chaque semaine ? Ce type de question revient souvent autour des potagers, entre voisins, avec toujours les mĂȘmes hĂ©sitations. L’objectif ici est de transformer ces doutes en gestes simples, clairs, respectueux de la terre, en gardant en tĂȘte que la premiĂšre alliĂ©e du jardin reste l’observation.

Ce guide propose une vision apaisĂ©e du traitement fongicide au cuivre sur la culture de tomate : comprendre le produit, l’utiliser avec parcimonie, l’intĂ©grer dans une vraie stratĂ©gie de protection tomate oĂč la prĂ©vention du mildiou ne repose pas uniquement sur le pulvĂ©risateur. À travers des exemples concrets, des dosages prĂ©cis et un calendrier lisible, chaque jardinier peut ajuster ses pratiques sans tomber dans le “tout chimique” ni dans l’impuissance face aux maladies de la tomate.

En bref : bouillie bordelaise sur tomate
Quand traiter : dĂšs que les plants mesurent 15–20 cm, puis avant et aprĂšs les pĂ©riodes humides propices au mildiou.
Dose bouillie bordelaise : en gĂ©nĂ©ral 4–6 g/L en prĂ©ventif sur tomate, jusqu’à 10 g/L au maximum en curatif lĂ©ger selon les notices.
FrĂ©quence traitement : tous les 10–15 jours en conditions Ă  risque, avec renouvellement aprĂšs une pluie importante (≈20 mm ou plus).
Astuce pratique : combiner bouillie bordelaise, bonnes distances de plantation, arrosage au pied et variétés tolérantes pour limiter le nombre de pulvérisations.

Bouillie bordelaise et tomates : rÎle, limites et bons réflexes au potager

Avant de parler de calendrier et de doses, il est essentiel de comprendre ce que fait vraiment la bouillie bordelaise sur la tomate. Ce mĂ©lange de sulfate de cuivre et de chaux forme un film protecteur Ă  la surface des feuilles et des tiges. Ce n’est pas une potion magique qui pĂ©nĂštre dans la plante : c’est un fongicide de contact. Les spores de champignons qui se dĂ©posent sur ce film sont bloquĂ©es, leur germination est perturbĂ©e et l’infection est freinĂ©e.

Sur la culture de tomate, ce film cuivrĂ© vise surtout la prĂ©vention du mildiou, mais aussi d’autres maladies de la tomate d’origine fongique ou bactĂ©rienne. Dans un potager bien vivant, l’idĂ©e n’est pas de dĂ©sinfecter, mais de placer une sorte de manteau protecteur au bon moment, quand la mĂ©tĂ©o annonce plusieurs jours humides et doux. Plusieurs jardiniers constatent qu’en restant Ă  des doses modĂ©rĂ©es, ils maintiennent une bonne protection des tomates tout en prĂ©servant la vie du sol.

Cette vision est centrale : le cuivre ne disparaĂźt pas comme par enchantement. À force de traitements rĂ©pĂ©tĂ©s et surdosĂ©s, il s’accumule dans la terre, impacte les vers de terre, la microfaune, et finit parfois dans les eaux de ruissellement. C’est pour cette raison que les rĂ©glementations ont rĂ©duit les quantitĂ©s autorisĂ©es en agriculture professionnelle, et que l’agriculture biologique elle-mĂȘme encourage un usage mesurĂ©. Un jardin nourri annĂ©e aprĂšs annĂ©e mĂ©rite cette prudence.

Imaginons Mathieu, qui s’est mis sĂ©rieusement au potager depuis trois ans. Sa premiĂšre saison, paniquĂ© par le mildiou, il a traitĂ© ses tomates chaque semaine, parfois deux fois aprĂšs une grosse pluie, en doublant les doses “pour ĂȘtre sĂ»r”. RĂ©sultat : feuillage abĂźmĂ© sur certaines variĂ©tĂ©s, terre un peu asphyxiĂ©e, et une impression de dĂ©pendance au pulvĂ©risateur. L’annĂ©e suivante, en rĂ©duisant les apports de cuivre, en aĂ©rant mieux ses plants et en surveillant la mĂ©tĂ©o, il a limitĂ© ses interventions Ă  quatre traitements pour toute la saison, avec une rĂ©colte finalement plus belle et des plants plus Ă©quilibrĂ©s.

Ce type d’expĂ©rience montre qu’un traitement fongicide bien pensĂ© ne doit pas remplacer les bons gestes de jardin : espacements raisonnables, arrosage au pied, paillage qui limite les Ă©claboussures, choix de variĂ©tĂ©s moins sensibles. La bouillie devient alors un outil parmi d’autres, et non un rĂ©flexe automatique dĂšs qu’un nuage apparaĂźt.

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Dans cette logique de bon sens, deux points comptent Ă©normĂ©ment : choisir le bon moment d’application de la bouillie bordelaise et adapter la dose de bouillie bordelaise aux besoins rĂ©els des plants. C’est cette approche raisonnĂ©e qui permet de concilier abondance de tomates juteuses et respect des Ă©quilibres naturels du jardin.

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Quand traiter les tomates à la bouillie bordelaise : repÚres météo et stades de croissance

Le bon timing de traitement Ă  la bouillie bordelaise sur tomate commence dĂšs la mise en place des plants. Le premier passage peut se faire lorsque les tomates atteignent environ 15 Ă  20 cm de hauteur et commencent Ă  bien s’installer, gĂ©nĂ©ralement deux semaines aprĂšs la plantation en pleine terre. À ce stade, la plante est assez robuste pour supporter un film cuivrĂ© lĂ©ger et assez jeune pour profiter pleinement de la protection fongicide.

Ensuite, tout se joue avec le ciel. Les champignons comme le mildiou aiment trois choses : l’humiditĂ©, la douceur et la durĂ©e. Lorsque la mĂ©tĂ©o annonce plusieurs jours consĂ©cutifs de pluie ou de brouillard, avec des tempĂ©ratures autour de 15–25 °C, c’est le signal. La stratĂ©gie la plus efficace consiste Ă  intervenir juste avant ces Ă©pisodes, de maniĂšre prĂ©ventive, plutĂŽt que d’attendre que les premiĂšres taches brunes apparaissent.

Un repĂšre simple peut aider : aprĂšs une pluie importante d’au moins 20 mm, une partie du film cuivrĂ© est lessivĂ©e. Sur un potager familial, il n’est pas nĂ©cessaire de mesurer au millimĂštre, mais si la pluie a durĂ© la nuit entiĂšre et bien dĂ©trempĂ© le sol, il est raisonnable de prĂ©voir un nouveau passage une fois le feuillage parfaitement sec. C’est lĂ  que la frĂ©quence de traitement se dessine : ni trop souvent, ni trop rarement.

Sur toute la saison, un rythme courant consiste Ă  traiter tous les 10 Ă  15 jours en pĂ©riodes Ă  risque. Pendant un dĂ©but d’étĂ© sec et bien ventilĂ©, on peut allonger l’intervalle ou mĂȘme sauter certains passages. À l’inverse, lors d’un mois de juillet trĂšs humide, certains jardiniers rĂ©duisent l’écart Ă  une dizaine de jours pour conserver une vraie protection tomate. L’important est d’éviter les automatismes et de garder l’Ɠil sur la mĂ©tĂ©o et l’état des plants.

Il faut aussi tenir compte du calendrier des rĂ©coltes. Pour limiter les rĂ©sidus sur les fruits, il est conseillĂ© d’arrĂȘter tout traitement fongicide cuivrĂ© environ 2 Ă  3 semaines avant les premiĂšres grosses cueillettes. Sur un potager familial, cela revient souvent Ă  cesser les pulvĂ©risations de bouillie fin juillet ou dĂ©but aoĂ»t selon les rĂ©gions, puis Ă  basculer sur des solutions plus douces comme les dĂ©coctions de prĂȘle ou simplement une meilleure aĂ©ration des pieds.

Dans le jardin d’Élise, par exemple, les premiĂšres tomates arrivent souvent fin juillet. Elle a pris l’habitude de planifier son dernier traitement cuivrĂ© autour de la mi-juillet, sauf Ă©tĂ© exceptionnellement humide. Ensuite, elle compte davantage sur l’observation quotidienne, enlĂšve les feuilles basses qui touchent le sol, et n’hĂ©site pas Ă  supprimer un plant trĂšs atteint pour sauver le reste de la rangĂ©e. Cette attitude dĂ©cidĂ©e fait souvent la diffĂ©rence.

Pour aider à visualiser ces repÚres, un petit tableau synthétique peut orienter les jardiniers au fil de la saison :

Période Stade des tomates Objectif du traitement Fréquence indicative
2–3 semaines aprĂšs plantation Plants 15–20 cm, bien repris PrĂ©vention mildiou prĂ©coce 1er traitement lĂ©ger
Fin mai – juin DĂ©but floraison ProtĂ©ger le feuillage avant les gros orages Tous les 12–15 jours selon mĂ©tĂ©o
Juillet humide Feuillage dense, fruits en formation Limiter la propagation des maladies tomate Tous les 10–12 jours + aprùs fortes pluies
3 semaines avant premiĂšres rĂ©coltes Fruits bien formĂ©s, dĂ©but rougissement PrĂ©server la qualitĂ© des tomates ArrĂȘt progressif des traitements cuivrĂ©s

Ces repĂšres doivent toujours rester souples. Un Ă©tĂ© chaud et ventilĂ© sur coteau n’aura pas les mĂȘmes contraintes qu’un jardin en fond de vallĂ©e oĂč la brume s’installe tous les matins. Le bon jardinage, c’est justement cette capacitĂ© Ă  adapter les gestes plutĂŽt que de suivre une recette figĂ©e.

Dose de bouillie bordelaise pour les tomates : comment ajuster sans surdoser

La dose de bouillie bordelaise fait souvent hĂ©siter. Trop peu, et la prĂ©vention du mildiou devient symbolique. Trop, et les feuilles risquent de brĂ»ler, sans parler de la terre qui accumule du cuivre. Pour la tomate, les recommandations modernes tournent autour de 4 Ă  6 g de produit commercial par litre d’eau en prĂ©ventif, Ă  adapter selon la notice du fabricant et le type de formulation (poudre, micro-granulĂ©s, produit concentrĂ©).

Beaucoup de boĂźtes indiquent une fourchette plus large, par exemple 10 Ă  20 g/L pour l’ensemble des cultures. Il est alors pertinent de choisir la borne basse pour les tomates, particuliĂšrement sensibles Ă  la phytotoxicitĂ© quand les tempĂ©ratures montent. En pratique, cela correspond souvent Ă  une cuillĂšre Ă  cafĂ© bombĂ©e pour 1 litre, ou une cuillĂšre Ă  soupe rase pour 5 litres, mais le plus sĂ»r reste d’utiliser une petite balance de cuisine pour peser prĂ©cisĂ©ment.

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Une autre subtilitĂ© concerne la teneur en cuivre mĂ©tal du produit. Certaines bouillies affichent 20 % de cuivre, d’autres 15 %, parfois moins dans des formulations plus modernes. Plus cette teneur est forte, plus il faut rester prudent sur les grammes utilisĂ©s. Le but n’est jamais d’atteindre la dose maximale possible, mais la dose minimale efficace. De nombreux jardiniers Ă©coresponsables constatent qu’en restant sur 4–5 g/L en prĂ©ventif, ils obtiennent une bonne protection tomate sans surcharger le sol.

Pour ne pas se perdre, une routine simple peut ĂȘtre adoptĂ©e :

  • En dĂ©but de saison (jeunes plants, peu de pression maladie) : 4 g/L suffisent en pulvĂ©risation fine et homogĂšne.
  • En pĂ©riode Ă  risque marquĂ© (fortes pluies rĂ©pĂ©tĂ©es, premiers foyers de mildiou dans le voisinage) : monter Ă  5–6 g/L peut se justifier.
  • En prĂ©sence de premiers symptĂŽmes trĂšs lĂ©gers (tache isolĂ©e vite supprimĂ©e) : un seul passage Ă  6–7 g/L, en complĂ©ment d’une taille sanitaire stricte, peut aider Ă  contenir.

Une fois la solution prĂ©parĂ©e, l’observation reste le meilleur indicateur. AprĂšs sĂ©chage, les feuilles doivent ĂȘtre recouvertes d’un lĂ©ger voile bleu-vert uniforme. Si des gouttes Ă©paisses pendent aux extrĂ©mitĂ©s ou que des flaques colorĂ©es se forment sur les folioles, c’est que la quantitĂ© est excessive : il faudra rĂ©duire la dose ou mieux ajuster le pulvĂ©risateur pour une brume plus fine.

L’exemple du potager de Clara illustre bien cela. La premiĂšre annĂ©e, elle suivait la dose haute de la boĂźte, soit 10 g/L, Ă  chaque passage. Ses tomates supportaient difficilement les fortes chaleurs de juillet : feuilles marquĂ©es, quelques brĂ»lures, et une impression de feuillage “chargĂ©â€. En abaissant progressivement la dose Ă  5 g/L, elle a obtenu le mĂȘme niveau de protection contre le mildiou, mais avec des plants plus souples, plus verts, et une terre que les vers de terre anarchiques semblent apprĂ©cier davantage.

On peut aussi garder Ă  l’esprit que la bouillie bordelaise n’est pas la seule ligne de dĂ©fense. En combinant un dosage modĂ©rĂ© avec une bonne aĂ©ration (suppression des gourmands, relevage des feuilles basses) et des variĂ©tĂ©s rustiques, la nĂ©cessitĂ© de monter en dose diminue sensiblement. Cette approche limite l’impact du cuivre tout en gardant des feuilles suffisamment protĂ©gĂ©es pour affronter les Ă©pisodes pluvieux.

Au final, la bonne dose est celle qui laisse un film lĂ©ger, sans ruissellement, et qui permet Ă  la tomate de respirer. Une plante bien nourrie, bien racinĂ©e et entourĂ©e d’une terre vivante aura toujours plus de ressources pour encaisser une pression fongique modĂ©rĂ©e qu’un plant surprotĂ©gĂ© mais fragilisĂ© par des excĂšs de produits.

Fréquence de traitement des tomates : trouver le bon rythme sans saturer le jardin

La frĂ©quence de traitement Ă  la bouillie bordelaise est une question clĂ© pour la culture de tomate. Chaque passage laisse une empreinte dans le sol, mais protĂšge aussi le feuillage pendant un certain temps. En moyenne, la protection offerte par un film cuivrĂ© correctement appliquĂ© dure une dizaine de jours en conditions sĂšches, jusqu’à deux semaines si la mĂ©tĂ©o est favorable (peu de pluie, bonne ventilation). Au-delĂ , la croissance du feuillage crĂ©e de nouvelles feuilles non protĂ©gĂ©es et le film ancien se fragilise.

Dans un potager de climat tempĂ©rĂ©, une cadence de base tous les 12 Ă  15 jours en pĂ©riode Ă  risque constitue un bon compromis. Cela laisse respirer le jardin, Ă©vite l’accumulation excessive de cuivre et garde les plants de tomates dans une zone de sĂ©curitĂ© correcte tant que les orages ne se succĂšdent pas tous les trois jours. Ce rythme peut ĂȘtre allĂ©gĂ© si l’étĂ© se rĂ©vĂšle plus sec que prĂ©vu, ou si les plants montrent une belle vigueur naturelle sans symptĂŽmes.

Le vrai “mĂ©tronome” reste cependant la pluie. Un gros orage ou une journĂ©e entiĂšre de pluie battante lessivent une part importante du produit dĂ©posĂ©. Lorsque les feuilles redeviennent bien sĂšches et que le sol ne colle plus aux bottes, un nouveau passage peut ĂȘtre programmĂ© si la pĂ©riode reste humide. Ainsi, lors d’un dĂ©but d’étĂ© pluvieux, il n’est pas rare que les jardiniers interviennent tous les 7 Ă  10 jours, mais en conservant des doses modĂ©rĂ©es pour rester dans un volume annuel raisonnable de cuivre.

Un autre facteur Ă  intĂ©grer est la phase de la plante. Au dĂ©but, quand les plants sont encore en croissance vĂ©gĂ©tative, un traitement bien placĂ© protĂšge la formation du feuillage. Plus tard, en pleine production de fruits, la prioritĂ© est de prĂ©server ce qui est dĂ©jĂ  formĂ© tout en respectant le dĂ©lai avant rĂ©colte. Cela signifie qu’à l’approche des premiĂšres tomates mĂ»res, la frĂ©quence doit ĂȘtre revue, parfois en espaçant davantage ou en substituant une partie des passages par des alternatives non cuivrĂ©es.

Dans le jardin de Paul, par exemple, la saison se dĂ©roule souvent ainsi : un premier traitement en juin, un second quinze jours plus tard, puis un ou deux passages supplĂ©mentaires en juillet selon la mĂ©tĂ©o. Au-delĂ  de quatre traitements cuivrĂ©s sur ses tomates, il choisit de s’arrĂȘter et de basculer sur des dĂ©coctions de prĂȘle et une taille plus stricte, mĂȘme si la mĂ©tĂ©o reste maussade. Cette limite volontaire lui permet de garder bonne conscience quant Ă  l’impact sur la vie du sol.

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Ce type de plafond est d’ailleurs une bonne habitude : se fixer Ă  l’avance un nombre maximum de traitements Ă  la bouillie bordelaise par saison (par exemple 4 Ă  6 sur tomates), puis organiser sa stratĂ©gie en consĂ©quence. Cela oblige Ă  soigner les autres leviers : choisir un emplacement bien aĂ©rĂ©, pailler le sol, Ă©viter les excĂšs d’azote qui rendent le feuillage trop tendre et sensible.

En rappelant que la plante n’a pas besoin d’ĂȘtre “bleue en permanence” pour ĂȘtre protĂ©gĂ©e, on accepte aussi l’idĂ©e que quelques feuilles marquĂ©es ne signifient pas forcĂ©ment la perte de la rĂ©colte. Une vigilance quotidienne, un sĂ©cateur pour enlever les parties atteintes et un arrosage bien gĂ©rĂ© font parfois plus pour la santĂ© des tomates que deux traitements supplĂ©mentaires.

Ainsi, le bon rythme de traitement n’est pas une horloge fixe, mais une respiration entre les Ă©pisodes de pluie, les stades de la plante et le nombre d’interventions qu’on accepte de rĂ©aliser pour ne pas saturer la terre. C’est en observant les feuilles, en touchant la terre, en notant ses dates de traitements que chacun trouve peu Ă  peu le tempo qui lui convient.

Application de la bouillie bordelaise sur tomate : gestes précis, météo choisie et jardin vivant

Une application de bouillie bordelaise bien faite repose sur des gestes simples mais rigoureux. D’abord, le choix du moment dans la journĂ©e : traiter tĂŽt le matin, quand la rosĂ©e a sĂ©chĂ© mais que le soleil n’est pas encore brĂ»lant, ou en fin d’aprĂšs-midi, quand la chaleur retombe. Ces crĂ©neaux Ă©vitent les coups de chaud sur feuilles mouillĂ©es, qui favorisent les brĂ»lures, et laissent le temps au film cuivrĂ© de se fixer avant la nuit.

Le feuillage doit ĂȘtre parfaitement sec au moment du traitement. Si la rosĂ©e est encore prĂ©sente, l’eau dilue localement la solution et provoque parfois des coulures chargĂ©es de cuivre. Une fois la prĂ©paration prĂȘte dans le pulvĂ©risateur, la buse se rĂšgle en brume fine : l’idĂ©e n’est pas d’asperger au point d’égoutter, mais de couvrir chaque face des feuilles d’un voile rĂ©gulier. Le dessous des feuilles, souvent oubliĂ©, mĂ©rite une attention particuliĂšre, car c’est lĂ  que se dĂ©veloppent volontiers de nombreuses maladies de la tomate.

Au pied des plants, un paillage de paille, de tontes sĂšches ou de BRF aide Ă  limiter les Ă©claboussures de terre lors des pluies, ce qui rĂ©duit encore la pression fongique. L’application de la bouillie bordelaise n’en sera que plus efficace, car le feuillage recevra moins de spores venues du sol. Dans un jardin pensĂ© comme un petit Ă©cosystĂšme, la bouillie vient simplement renforcer une protection dĂ©jĂ  bien mise en place par ces gestes culturaux.

Sur le plan pratique, quelques précautions valent pour chaque séance :

  • PrĂ©parer seulement la quantitĂ© nĂ©cessaire de solution, car elle ne se conserve pas une fois diluĂ©e.
  • Porter des gants, des lunettes et, si possible, un masque lĂ©ger pour ne pas inhaler la brume fine.
  • Éviter de traiter par vent soutenu, pour ne pas dĂ©river sur les autres cultures, notamment celles plus sensibles au cuivre.
  • Rincer soigneusement le pulvĂ©risateur aprĂšs usage, en faisant circuler de l’eau claire dans la lance et la buse.

Olivier, qui cultive son potager derriĂšre sa longĂšre, a mis au point une petite routine : il note la date de son dernier traitement, le cumul de pluie des jours suivants et l’allure globale du feuillage. Avant chaque nouveau passage, il se pose trois questions : “La pluie a-t-elle vraiment lessivĂ© la derniĂšre couche ?”, “Vois-tu des dĂ©buts de taches suspectes ?”, “Peux-tu retarder un peu si la mĂ©tĂ©o s’annonce plus sĂšche ?”. Ce petit dialogue mental l’empĂȘche de traiter machinalement.

Enfin, il ne faut pas oublier la vie qui gravite autour des tomates : bourdons, abeilles sauvages, syrphes. MĂȘme si la bouillie bordelaise n’est pas un insecticide, il est prĂ©fĂ©rable d’éviter les traitements en pleine floraison et au moment de la plus forte activitĂ© des pollinisateurs. PrĂ©voir la pulvĂ©risation en dehors de ces pĂ©riodes, tĂŽt le matin ou le soir, participe Ă  un jardin accueillant pour toute la petite faune utile.

En soignant ces dĂ©tails – moment, mĂ©tĂ©o, Ă©quipement, attention au vivant – chaque traitement devient plus efficace et plus respectueux. Les tomates profitent d’une barriĂšre discrĂšte mais solide, tandis que le jardin conserve son souffle, ses insectes, ses micro-organismes, ce qui au final renforce encore la rĂ©silience naturelle face aux maladies.

Quelle est la meilleure dose de bouillie bordelaise pour les tomates en préventif ?

Pour un traitement prĂ©ventif sur tomates, une dose de 4 Ă  6 g de bouillie bordelaise par litre d’eau suffit gĂ©nĂ©ralement, en suivant toujours les indications de la notice. Cette concentration offre une bonne protection fongicide tout en limitant l’accumulation de cuivre dans le sol et les risques de brĂ»lures sur le feuillage.

À quelle frĂ©quence traiter les tomates sans abĂźmer le sol du jardin ?

En période à risque de mildiou, une fréquence de traitement tous les 10 à 15 jours est un bon repÚre, avec renouvellement aprÚs une forte pluie. Sur une saison, il est conseillé de ne pas dépasser 4 à 6 traitements cuivrés sur tomates, en les complétant par des gestes culturaux (aération, paillage, arrosage au pied) pour limiter le recours au cuivre.

Peut-on utiliser la bouillie bordelaise sur toutes les variétés de tomates ?

Oui, la bouillie bordelaise peut ĂȘtre utilisĂ©e sur toutes les variĂ©tĂ©s de tomates, qu’elles soient anciennes ou hybrides, rondes ou allongĂ©es. Certaines variĂ©tĂ©s plus rustiques ou tolĂ©rantes au mildiou demandent toutefois moins de traitements. Il reste prĂ©fĂ©rable de tester d’abord une application lĂ©gĂšre sur quelques feuilles, surtout en pĂ©riode de forte chaleur, pour vĂ©rifier l’absence de rĂ©action.

À quel moment de la journĂ©e appliquer la bouillie bordelaise sur tomate ?

Le meilleur moment se situe le matin, aprĂšs Ă©vaporation de la rosĂ©e, ou en fin d’aprĂšs-midi, quand le soleil dĂ©cline. Ces crĂ©neaux limitent le risque de brĂ»lures foliaires et laissent au film cuivrĂ© le temps de se fixer correctement sur les feuilles et les tiges. Il faut absolument Ă©viter les heures les plus chaudes et les pĂ©riodes de vent ou de pluie annoncĂ©e.

La bouillie bordelaise suffit-elle pour protéger les tomates du mildiou ?

La bouillie bordelaise est un outil efficace de prévention du mildiou, mais elle ne suffit pas à elle seule. Pour une vraie protection tomate, il est indispensable de combiner ce traitement fongicide avec un bon espacement des plants, un arrosage au pied, un paillage, une taille aérée et, si possible, des variétés moins sensibles. Cette combinaison réduit nettement la pression des maladies et le nombre de traitements nécessaires.

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